La spiritualité africaine « Partie 2 » : Dieu et les ancêtres

Introduction

Il serait tout à fait déraisonnable de notre part de délaisser un partie où l’intégralité de notre passé historique, quel que soit la manière dont elle nous a été présentée, en faveur d’une quelconque prétendue supériorité culturelle étrangère.

Et nous ferons preuve de naïveté si nous rejetons ce qui est nôtre à cause de ce qui nous a été appris à travers une histoire, dont les preuves de contrefaçon ont étés prouvées de bien de manières, dont le seul objectif est de nous reléguer au rang de rébus de l’humanité.

Ce n’est pas le fait de renier ce que l’on est où d’adopter ce qui vient d’ailleurs qui nous fait cesser d’être qui on est. Cela contribue plutôt à nous amoindrir et à nous placer en position d’infériorité face aux autres cultures.

Voilà pourquoi nous sommes conviés à être fier de qui on est et de nous montrer dignes de notre héritage ancestral qui n’a du reste rien à envier à celle des autres.

« Lorsque nous nions nos histoires, elles nous définissent. Lorsque nous possédons nos histoires, nous arrivons à écrire une nouvelle fin courageuse. »
Bren é Marron

La relation entre Dieu et les ancêtres

La spiritualité africaine, par rapport aux autres est surtout marquée par la pratique du « Culte des Ancêtres« , la croyance en la Réincarnation, le matriacat, le totémisme, l’androgynie et l’impartialité de Dieu, les sociétés initiatiques, etc.

Le « culte des ancêtres« , dans la religion africaine, représente certes une composante importante, mais ne constitue pas l’essentiel de la pratique contrairement à ce qu’il en est généralement conclu.

Seules les sanctifiés, conformément aux lois imposer par Dieu, bénéficient du statut d’ancêtres dans l’au-delà. Bénéficier du statut d’ancêtre, signifie que non seulement l’âme de l’individu a réussi à rejoindre la demeure divine à travers ses bonnes actions sur terre, mais aussi que celui-ci a la possibilité de participer à la vie de sa famille restée sur terre, afin de les assister.

Le pouvoir de bienveillance

C’est ce qui explique les prières d’hommage et d’honneurs, aux ancetres, que les partisans de la religion africaine partout où il se trouvent, sur le continent ou ailleurs, font.

Les prières au ancêtres s’explique par le fait que : Pour la religion africaine, en général, Dieu n’intervient pas dans les affaires humaines, il n’est pas responsables des péripéties du destin, qui est le fruit des individus, possédant le libre arbitre. Sa nature est considérer comme trop pure, pour s’occuper des affaires d’êtres humains ou animaux, de nature inférieur et moins pure. Il a déléguer la gestions des affaires humaines aux ancêtres sanctifiés, à certains esprits choisis, ou à ses hypostases.

Cependant, Dieu peut aussi être invoqué directement, mais rarement et en dernier recours, dans l’espoir qu’il intervienne.

Dans la religion africaine, on effectue très souvent des prières d’hommage et d’adoration qu’en faveur de Dieu.

Quand aux ancêtres, on leur soumet des prières de demande, mais jamais d’adoration car ceux-ci sont uniquement réservées à Dieu.

Dieu est considéré comme trop élevé de de par sa nature divine, d’où il n’est pas invoqué et cala par par respect envers sa personne. C’est de là que tire son origine la phrase couramment prononcée dans la religion africaine: « Celle ou celui qui pense pouvoir Invoquer L’ÊTRE CREATRICE/CREATEUR est un fou« . En effet, invoquer directement Dieu est considéré comme un blasphème. Voila pourquoi les ancêtres sanctifiés, sont les intermédiaires entre Dieu et les hommes.

Les ancêtres ne sont pas considérés comme morts

On ne dira jamais d’un individu qu’il est mort. Ont dira qu’il est passé dans l’autre monde. Seul le corps physique qui abritait l’âme meurt.

Pour beaucoup, le terme « culte des ancêtres » est inapproprié. Cette vision et perception des ancêtres, de l’au-delà, est un héritage direct de la pensée spirituelle de l’Égypte antique, où les ancêtres sanctifiés dans l’au-delà étaient nommés Akhu.

La hiérarchie ontologique propre à la cosmogonie de la religion africaine est un legs de la cosmogonie égyptienne : Le Dieu inengendré et créateur de toutes choses (Amon la force vitale cachée, invisible, en Égypte antique, Amma chez les Dogons, Imen ou Imana au Rwanda-Burundi, Nzambé au Congo , etc), les forces intermédiaires issues du plan Divin, (Néterou egyptiens, Shango Vaudou, Nommo Dogons), puis les ancêtres justifiés. S’en suivent les hommes, animaux, végétaux, minéraux, etc.

La relation entre Dieu et la création

Dans la spiritualité africaine, chaque entité constituant les règnes végétal, animal et minéral dispose d’une Parcelle Divinité.

Le Divin est perçu comme étant omniprésent dans toute la création, car en étant lui-même la force vitale. La plante, la pierre, l’animal, l’homme, n’est qu’un corps physique qui renferme une partie de la Divinité. Tout baigne dans un ensemble cosmique. Seule la notion du bien est l’essence qui fait perpétuer la création, qui assure l’harmonie cosmique et le salut de chaque individu dans l’au-delà. C’est ce qui explique le totémisme de la spiritualité africaine.

Le clan, la famille, l’individu, dans le souci de participer à l’harmonie cosmique, nouera alliance avec une entité de la création. Une alliance avant tout mystique, tous baignant dans cette force vitale transcendante.

Toujours dans le but d’instaurer l’harmonie cosmique, magnifier la grandeur de la création Divine, les festivités liés aux saisons, aux astres, aux phénomènes naturels, agraires, etc. sont courantes dans la religion africaine. Cette norme du bien, à l’échelle humaine sociale comme cosmique, est issue du concept de Maat de l’Egypte antique, Meï, Meyi, Maa, Maaty, dans les langues africaines moderne.

Le principe de Ubuntu chez les Bantous

La justice, la vérité, l’ordre, la vie, toutes ces vertus, constituent ce qui assure l’harmonie cosmique et l’accès de chacun à la vie éternelle (paradis).

Contrairement à l’injustice, le mensonge, le désordre, la mort, qui assurent le déséquilibre total et la mort est souffrance de l’âme (L’enfer). Ainsi, chaque fois que nous souhaitons utiliser des plantes, des êtres vivants, des minéraux, etc. pour nous nourrir, nous soigner, nous vêtir ou pour construire, etc. des prières ou offrandes sont de rigueur au préalable. Autrement, il y a blasphème, car la force vitale incorruptible transcendante est partout.

(Théophile Obenga)

La spiritualité africaine « Partie 1 » : Source de toutes les religions

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